SANTE et NUTRITION

Coca-Cola : un médecin nutritionniste revendique « le droit de savoir ce que l’on consomme »

Laurent Chevallier, médecin nutritionniste et auteur d’un livre « je maigris sain, je mange bien » publié aux éditions Fayard, s’insurge : « Est-il normal d’absorber un produit dont on ne connaît pas l’intégralité de la composition ? ». Il ajoute que « la réglementation de l’étiquetage impose la mention obligatoire de la liste des ingrédients sur l’étiquette des denrées alimentaires, sauf dérogations ».

Il suggère donc « un meilleur étiquetage des sodas et particulièrement des colas » ainsi que la mise en place de « vraies politiques de prévention pour les femmes enceintes et les enfants ».

Pour Coca-Cola France, interrogé par l’AFP, il n’y a cependant rien d’irrégulier dans sa façon de procéder.

Laurent Chevallier, responsable de la commission alimentation du Réseau environnement santé, rappelle que l’étiquette des colas mentionne un « arôme caféine » qui, selon l’auteur, « n’a pas de sens » : « soit il y a de la caféine, soit il y a un +arôme café+ ». Pour la direction de la concurrence, interrogée par le Dr Chevallier, « arôme caféine » veut dire « présence de caféine à une teneur inférieure à la valeur précitée » (de 150 mg/l).

Comme rien ne dit sur la canette ou la bouteille combien il y en a, il a fait réaliser une analyse en laboratoire, qui fait apparaître des taux allant de 25 à 124 mg/l.

Les colas comprennent aussi des « extraits végétaux ». Mais lesquels ? demande le Dr Chevallier. « Le consommateur n’a-t-il pas le droit de savoir ? ». Il dit devoir répondre aux interrogations de certains de ses patients, « allergiques ou présentant des troubles de la filtration rénale ».

Auprès de l’AFP, il souligne que « la présence conjointe de caféine et d’extraits végétaux peut ne pas être anodine ».

Il note aussi la présence d’acide phosphorique, et comme colorant du E150d, du caramel au sulfite d’ammonium, qui ne serait pas sans risque, selon un document de l’université de Lille. Quant au sucre, il y en a beaucoup (l’équivalent de cinq morceaux pour 250ml), ce qui est fréquemment dénoncé.

« La composition originale du Coca-Cola, indiquée sur nos emballages, est en parfaite conformité avec les réglementations européennes et nationales et ses extraits végétaux (arômes naturels) constituent notamment sa recette de fabrication unique », a indiqué l’entreprise.

Elle précise que « la composition aromatique de Coca-Cola fait partie du patrimoine intellectuel de la société », et que « comme la plupart des fabricants de produits alimentaires, cette recette de fabrication n’est pas divulguée ».

Ce n’est pas la première fois qu’il est demandé à Coca-Cola de rendre des compte. En février dernier déjà, un musulman israélien a porté plainte contre la société qui vendrait une boisson comprenant de l’alcool selon le plaignant et la ferait consommer ce composant à l’insu d’une communauté religieuse pour laquelle il est strictement interdit.

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