LES MEDICAMENTS…ET VOUS

Mise en place d’un système de lutte contre les médicaments contrefaits

L’Union européenne s’est dotée mercredi, en vertu d’un projet de loi approuvé par les eurodéputés, d’un nouveau système de lutte contre les médicaments contrefaits, un fléau qui n’épargne pas les pays développés où il concernerait 1% à 3% des remèdes.

L’enjeu est de mieux lutter contre les « assassins silencieux » que constituent les faux médicaments, qui « minent totalement la confiance dans nos systèmes de santé », a déclaré la rapporteur du texte, la Portugaise Marisa Matias.

Depuis 2005, les saisies de médicaments contrefaits dans l’Union ont été multipliées par cinq, et ce marché représente 45 milliards d’euros de profits par an pour les réseaux criminels, a-t-elle souligné.

Le coeur de la réforme est l’instauration d’un système de traçabilité des médicaments tout au long de la chaîne de distribution, via un code d’identification, et via un emballage cacheté permettant de s’assurer que la boîte n’a pas été ouverte depuis sa sortie d’usine.

Actuellement, la faiblesse du système de distribution réside dans le grand nombre d’intervenants tout au long de la chaîne, a expliqué l’eurodéputé allemand Peter Liese, médecin de formation. « Le pharmacien fait confiance à son fournisseur, mais si un faux s’est glissé dans la chaîne, il ne peut pas le savoir », a-t-il souligné.

Le texte se penche également sur les pharmacies par internet, secteur qui concentre l’essentiel des problèmes puisque plus de la moitié des ventes sur les sites non autorisés seraient des contrefaçons – au mieux inefficaces, au pire néfastes pour la santé.

Sur de tels sites, il est possible d’acheter sans ordonnance des médicaments pourtant soumis à prescription, et certaines pilules sont livrées mal dosées… ou « emballées dans du papier journal », selon l’Organisation européenne des Consommateurs (BEUC).

Pour que le patient-consommateur puisse éviter les marchands en ligne capables de telles dérives, le texte instaure une certification européenne pour les sites dignes de confiance: l’acheteur sera invité à vérifier si le site qu’il visite est porteur du logo correspondant.

Selon M. Liese, les trafiquants de faux médicaments s’attaquent principalement aux molécules les plus chères ou qui représentent des ventes quantitativement importantes, notamment les anticancéreux, lesmédicaments contre l’hypertension ou certains psychotropes.

Le texte, qui a déjà fait l’objet d’un accord avec les gouvernements des 27, devrait commencer à entrer en vigueur d’ici quelques mois, et au plus tard d’ici 2016. « Mais le processus pourrait être assez rapide car tout le monde y a intérêt », selon M. Liese.

L’organisation de police internationale Interpol a lancé cet automne une campagne de prévention auprès des internautes nombreux à acheter des médicaments contrefaits sur la Toile, quand leur couverture sociale n’est pas bonne ou moins protectrice.

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