SONDAGES

Faut-il protéger les lanceurs d’alerte en santé publique ?

Les lanceurs d’alerte scientifique sur trois récents scandales de santé publique ne sont ni l’État ni les ONG, mais des particuliers.  Bernard Junod dénonce les opérations inutiles du cancer du sein en France, Gilles Eric Séralini  les OGM destinés à être commercialisés en France, Irène Frachon le Médiator. D’autres, comme Véronique Lapides pour des enfants victimes de cancer alors qu’ils étaient dans une école construite sur un site pollué ou Christian Velot sanctionné pour avoir refusé de cautionner des pratiques pour la fabrication de médicaments anticoagulants…

Ces lanceurs d’alerte n’ont pas de statut juridique qui pourrait les protéger des informations qu’ils dénoncent sur la scène publique.

Xavier Bertrand songe à leur conférer un statut dans le cadre de la réforme globale de la filière médicament et de la pharmacovigilance. La décision fait suite au volumineux rapport de l’IGAS* intitulé « Enquête sur le Médiator » qui dénonce la poursuite de la commercialisation du Médiator « malgré les alertes nombreuses et répétées »*

Et ailleurs, c’est comment ?

Aux États-Unis, tout citoyen peut dénoncer ce qu’il considère porter atteinte à l’intérêt général. La loi les protège de tout licenciement, mise au placard, brimade et plus largement de toute tentative d’intimidation

Et vous, qu’en pensez-vous ? Les lanceurs d’alerte doivent-ils bénéficier d’un statut les protégeant de la dénonciation de faits de santé publique ?


IGAS : Inspection générale des affaire sociales

**Page 5 du rapport que vous pouvez télécharger gratuitement en cliquant sur le lien ci-dessus.

Pour ou contre la castration chimique ou chirurgicale des délinquants sexuels ?

La castration chimique ou chirurgicale fait débat à chaque fois que des cas comme celui de Laeticia sont portés à notre connaissance. Le Président Nicolas Sarkosy a déclaré que les criminels sexuels considérés comme dangereux ne pourraient bientôt plus sortir de prison une fois leur peine accomplie, sauf à accepter un protocole de castration chimique. Michelle Alliot Marie va même plus loin en envisageant la castration chirurgicale. Cette dernière est déjà possible dans certains pays comme le Canada. En France le pédophile Michel Evrard avait demandé à Michèle Alliot-Marie la possibilité d’une telle castration. Ce à quoi la ministre avait répondu que la question peut être posée et débattue, y compris au Parlement.

Dans quel sens souhaiteriez-vous d’une telle mesure soit prise ?

DES VISITEURS MEDICAUX INDEPENDANTS ?

Martin Hirsch a proposé jeudi sur la chaîne publique France 2 que les visiteurs médicaux ne soient plus payés par les laboratoires mais par les autorités sanitaires. Les prescripteurs sont-ils donc si influencés par les visiteurs médicaux ? Quel est leur intérêt ? S’agit-il plutôt d’une politique marketing classique de mise en avant d’un produit qui émeut davantage car il se situe sur le créneau de la santé ? Oui sans doute. Car s’il est admissible pour des fournisseurs et fabricants de fromage ou de jus d’orange d’avoir un surcoût pour une mise en rayon en tête de gondole, il en va autrement pour le médicament.  Qu’il soit prescrit plutôt qu’un autre simplement parce qu’il a été porté par une firme qui y a mis les moyens est plus discutable. Les réglementations française et européenne interdisent la publicité auprès du grand public . Du moins en ce qui concerne les médicaments remboursés par la Sécurité Sociale et ceux inscrits sur une liste de substances vénéneuses.En ce qui concerne les professionnels de santé, la publicité est également interdite. Mais les visiteurs médicaux des firmes pharmaceutiques peuvent « informer ».

Au-delà du rôle purement informationnel des visiteurs médicaux, il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de matraquage marketing. Les prescripteurs sont, comme tout un chacun, influencés, à des degrés divers, par la publicité. Il est compréhensible de les voir prescrire en première intention le produit qui leur est sans cesse rappelé. Pourquoi dans ce cas ne pas interdire toute forme de communication spécifique autour d’un médicament et cesser de se cacher derrière un soi-disant rôle d’information ? Car tout la difficulté est là : s’assurer qu’il s’agisse bien d’information et pas de publicité. D’autres prônent que le médicament est un produit comme un autre et qu’il n’y a pas lieu de traiter sa commercialisation différemment. Tout le débat reste très professionnalisé et oublie quelque peu de s’intéresser à l’avis des destinataires de ces produits désigné sous le terme générique de « grand public ». S’il n’est pas prescripteur, il n’est pas pour autant dénué d’opinion.

*Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé

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