Une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé dénonce une Europe malade du bruit

Posted on 12 avril 2011

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Les bruits de la circulation ont un impact négatif sur plus de 1 000 000 de vies chaque année avec pour conséquences la maladie, l’invalidité ou le décès prématurés dans les pays occidentaux de la région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est la principale conclusion du premier rapport évaluant le poids des maladies dues au bruit en Europe, publié le 29 mars par l’OMS/Europe. Ces données devraient être prises en compte pour une future révision des lignes directrices de lutte contre le bruit de l’OMS et, espère l’Organisation, pour une actualisation des normes en vigueur dans l’UE.

L’étude identifie les facteurs environnementaux qui pèsent sur la santé en Europe et a mis en évidence que le bruit est la seconde « charge » la plus importante après la pollution atmosphérique. Une personne sur trois subit une gêne pendant la journée et une sur cinq a un sommeil agité, la nuit, à cause du bruit des routes, des voies ferrées et des aéroports, qui augmente le risque de maladies cardiovasculaires et l’hypertension artérielle.

Le rapport présente les résultats d’une étude internationale, coordonnée par l’OMS/Europe et soutenue par le Centre commun de recherche de la Commission européenne. Il passe en revue les éléments de preuve des effets du bruit sur la santé, fournit des conseils pour quantifier les risques et des estimations de la charge des maladies ainsi induites. Il préconise une meilleure surveillance et la collecte de données dans le sud-est de l’Europe et l’Asie centrale, où le manque de données sur l’exposition empêche l’évaluation de l’ampleur de l’impact du bruit sur la santé. « Nous espérons que cela incitera à la mise à jour de la directive de l’UE pour introduire des valeurs limites plus strictes pour la pollution sonore et son extension à d’autres pays de la région », a indiqué Rok Ho Kim, du département Bruit/Santé à l’OMS Europe.

Une meilleure protection de la santé publique contre le bruit dans l’environnement impose une collaboration renforcée entre l’OMS Europe, la Commission européenne et l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) en vue de la mise en uvre de manière cohérente de la Déclaration de Parme de 2010 et des directives relatives au bruit de l’UE. « Cette collaboration est rendue possible par le cadre méthodologique commun d’évaluation du bruit (Cnossos-UE) en cours d’élaboration par la Commission européenne », a précisé le Dr Stylianos Kephalopoulos, coordinateur de Cnossos-UE. Cet exercice servira à la révision des lignes directrices sur le bruit de l’OMS, demandée lors de la 5e Conférence ministérielle sur l’Environnement et la Santé, qui s’est tenue à Parme (Italie) en 2010.

Pour Nina Renshaw, de Transport & Environment (T&E), « la Commission doit saisir l’occasion pour réduire le bruit du trafic routier de 50 % et protéger la santé de millions de citoyens européens en proposant une révision de la directive sur le bruit des véhicules fixant des normes de bruit plus sévères pour les voitures, les camionnettes, les camions et les bus ».

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